• Jonas

Biélorussie, citadelle de Brest !

Au passage du point de frontière à Brest, beaucoup de Tchétchènes qui tentent de passer dans l'Union européenne. La Pologne filtre et ne prend que quelques familles par jour, les autres restent à Brest attendant leur jour ...


Passé la douane, je me retrouve dans un hall de gare avec des journalistes qui m'assènent de questions. Ensuite la voiture du Consul honoraire de France à Brest m'escorte avec un fourgon de TV jusqu'à la citadelle où son directeur, un sénateur m'attend. Après un accueil chaleureux, la visite guidée commence ...


C'est l'un des plus importants monuments de guerre de la Seconde Guerre mondiale, célèbre pour, premièrement, la résistance polonaise face à l'invasion allemande de septembre 1939, puis, la résistance soviétique face à l'invasion allemande lancée le 22 juin 1941 lors de l'opération Barbarossa. En 1965, le titre de forteresse héros lui fut décerné pour rappeler la défense héroïque de cette fortification frontalière au cours des premières semaines de la guerre germano-soviétique.


Le 22 juin 1941, le dispositif de défense de la forteresse est en place. En tout, 9 000 hommes, sans compter les membres de leur famille (300 familles de combattants).

Du côté allemand, l'assaut de la forteresse est confié à la 45e division d'infanterie (environ 17 000 hommes), en liaison avec des unités de toutes les armes. Selon les plans allemands, la forteresse devrait être prise dans les douze heures qui suivent le début de la guerre.

Elle prit environ dix jours. Ces dix jours sont très importants, étant donné que l'attaque allemande n'était pas prévue par les Soviétiques et que Moscou n'est qu'à mille kilomètres de Brest, soit à quelques jours seulement pour les chars du général Guderian.


Le 22 juin, à 4h15, un feu nourri d'artillerie débute contre la forteresse, surprenant la garnison. Le résultat est la destruction des entrepôts, des conduites d'eau, l'interruption des liaisons et de pertes très importantes pour la garnison. À 4h45, l'assaut commence. L'aspect inattendu de l'attaque rend la résistance de la garnison inopérante et se limite à quelques tentatives individuelles. Les Allemands ne rencontrent de résistance que du côté du rempart de Volhynie et, surtout, du côté de la fortification de Kobryń, où l'assaut se transforme en un combat à la baïonnette.


Vers 7h, le 22 juin, les 42e et 6e divisions d'infanterie abandonnent la forteresse et la ville de Brest. Le soir du 24 juin, les Allemands s'emparent des fortifications de Volhinski et de Terespol, mais le reste de l'ancienne garnison, du fait de l'impossibilité de la maintenir en place, est transféré, de nuit, dans la Citadelle. De cette façon, la défense peut se concentrer sur la fortification de Korbinsk et sur la Citadelle. Dans la fortification de Korbinsk, tous les défenseurs sont concentrés sur le front Est (soit environ 400 hommes sous le commandement du major Gavrilov). Chaque jour, les défenseurs du fort doivent repousser 7 à 8 attaques soutenues par des lance-flammes. Le 26 juin, la dernière défense de la citadelle tombe, puis, le 29 juin, la porte est du fort.


Fin juin, la défense organisée de la citadelle prend fin ; seuls des groupes ou des combattants isolés subsistent. En tout, 5 à 6 000 hommes sont faits prisonniers par les Allemands. Sur un des murs de la citadelle, on peut toujours lire ces mots : « Je meurs, mais je ne me rends pas. Adieu ma Patrie ! ». Cependant, d'après des témoignages, on entend encore des coups de feu, dans la citadelle, jusqu'au début du mois d'août.



© 2018 par Jonas Berteau